Apple n'a rien inventé : ils ont juste copié votre brosse à dents électrique

Votre brosse à dents électrique a un lien direct avec l'iPhone. Non, sérieusement.

Dylan R.

Publié le 21 janv. 2026

Apple, les rois de l'innovation ? Non, les rois du remix.

Pendant que tout le monde s'extasie devant la "révolution" Apple, laissez-moi vous révéler un secret de polichinelle que l'industrie du design connaît depuis des décennies : chaque produit iconique d'Apple est une copie. Pas une inspiration lointaine. Une copie. Presque pixel pour pixel, courbe pour courbe.


La Radio T3 de 1958 qui ressemble étrangement à l'iPod. La calculatrice ET66 de 1977 qui pourrait être la mère de votre iPhone Calculator. Ce haut-parleur LE1 de 1959 qui, posé à côté d'un iMac, vous fait douter de la chronologie.


Tous ces objets ont un point commun : Braun. Cette marque allemande de rasoirs et de brosses à dents électriques que vous croisez dans votre salle de bain sans y penser. Et derrière Braun, un homme : Dieter Rams, le designer obsédé par une idée radicale : créer des objets tellement évidents qu'on les oublie.


Ce n'est pas du vol. C'est la compréhension ultime de ce qu'est vraiment le bon design.


Et si vous vous demandez pourquoi votre dernier redesign de produit ressemble déjà à du réchauffé alors qu'il n'a que 6 mois, c'est exactement ce qu'on va décortiquer. Parce que la différence entre un design qui traverse 50 ans et un effet Dribbble qui vieillit comme du lait, c'est précisément ce que Rams et Apple ont compris, contrairement à 99% des designers actuels.

Vous voulez qu'on audite votre produit avec cette même logique de durabilité ? Discutons de ce qui fait vraiment tenir un design dans le temps.

Les preuves irréfutables : quand 1958 rencontre l'iPod

L'enquête visuelle est accablante. Pas besoin d'être designer pour le voir.


La Radio T3 de Braun, 1958. Cette molette circulaire. Cette pureté absolue. Ce blanc immaculé. Posez un iPod à côté et tentez de m'expliquer la différence fondamentale. La molette cliquable d'Apple ? Elle est là, en 1958, déjà parfaite. L'interface minimale qui ne montre que l'essentiel ? Rams l'avait déjà codifiée.


La Calculatrice ET66, 1977. Les boutons ronds. Le code couleur fonctionnel (opérations en couleur, chiffres neutres). L'espacement millimétré. Ouvrez l'app Calculatrice de votre iPhone. C'est la même. Exactement la même philosophie, transposée sur un écran tactile. Apple n'a fait qu'adapter le hardware en software.

/Le Haut-parleur LE1, 1959. Le pied incliné. L'aluminium et blanc. Cette silhouette qui défie la gravité avec élégance. Mettez un iMac G4 à côté. La ressemblance n'est pas frappante, elle est violente.

Et vous savez ce qui est dingue ? Ces produits Braun ont plus d'un demi-siècle. Ils devraient sentir la naphtaline, ressembler à des reliques de musée poussiéreuses. Mais non. Ils sont toujours pertinents. Toujours modernes. Toujours désirables.


Parce que Dieter Rams n'a jamais designé pour 1958. Il a designé pour toujours.


L'écart temporel prouve quelque chose de fondamental : quand le design est réduit à sa fonction essentielle, épuré de toute mode, de toute tendance, de tout artifice, il devient intemporel. Il transcende les décennies.


Apple n'a pas volé. Apple a reconnu le génie. Et plutôt que de réinventer la roue (spoiler : c'est souvent une stratégie perdante), ils ont appliqué des principes qui avaient déjà fait leurs preuves pendant des décennies.


C'est ça, l'intelligence stratégique du design. Pas l'originalité à tout prix. La pertinence qui dure.

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Dieter Rams in the room : l'obsession du "moins mais mieux"


Qui est Dieter Rams ? Un Allemand discret, né en 1932, qui a passé 40 ans chez Braun à créer des objets que personne ne remarquait. Et c'était exactement son but.


Son mantra : "Weniger, aber besser" – Moins, mais mieux.


Rams était obsédé par une idée contre-intuitive pour l'époque (et encore plus aujourd'hui) : créer des objets tellement évidents qu'on les oublie. Le design ultime, pour lui, c'est celui qui disparaît au profit de l'usage. C'est l'anti-bling absolu. L'antithèse de tout ce que prône Instagram.


Ses 10 principes de design ne sont pas une checklist esthétique pour faire joli. Ce sont des commandements fonctionnalistes qui résonnent encore aujourd'hui, surtout dans le monde du SaaS et du produit digital :


Le bon design est innovant – Mais innovation ne veut pas dire réinvention. Ça veut dire amélioration incrémentale de l'existant.


Le bon design rend un produit utile – Fonction > Décoration. Toujours. Si votre animation fancy ralentit le parcours utilisateur, elle n'a rien à faire là.


Le bon design est esthétique – Mais l'esthétique est la conséquence de la fonction épurée, pas un objectif en soi. La beauté émerge de la cohérence.


Le bon design rend un produit compréhensible – Une UX épurée ne devrait jamais nécessiter un tutoriel de 10 minutes. Si votre utilisateur doit réfléchir, vous avez déjà perdu.


Le bon design est discret – Vos utilisateurs ne sont pas là pour admirer votre interface. Ils sont là pour accomplir une tâche. Servez-les.


Le bon design est honnête – Pas de dark patterns. Pas de promesses mensongères dans votre UI. La transparence construit la confiance.


Le bon design est durable – Une UI durable ne suit pas les tendances. Elle les ignore. Elle est construite pour traverser les années sans devenir gênante.


Le bon design va jusqu'au dernier détail – Le diable est dans les micro-interactions, les espacements, les états de hover. C'est là que se joue la différence entre "ça marche" et "c'est excellent".


Le bon design est respectueux de l'environnement – Transposez ça au web : un site léger, performant, accessible. Pas un mastodonte de 10MB qui charge 47 scripts inutiles.


Le bon design est aussi peu de design que possible – Less is more n'est pas un cliché. C'est une discipline. Chaque élément doit justifier sa présence ou disparaître.


Ce qui est fascinant, c'est que ces principes décrivent parfaitement ce qui fait qu'un SaaS convertit aujourd'hui : clarté brutale, fonction > décoration, pertinence qui dure.


Le design qui cartonne, ce n'est pas celui qui impressionne sur un screenshot Dribbble. C'est celui qui résout un problème tellement bien que l'utilisateur ne pense même pas à chercher une alternative.


Envie de voir comment ces principes s'appliquent au branding moderne ? On vous montre des cas concrets.



Le piège Dribbble vs la pertinence qui dure


Parlons du vrai problème du design en 2025 : la fast fashion du web.


D'un côté, vous avez la philosophie Braun/Apple : intemporalité, fonction, discrétion. De l'autre, vous avez Dribbble : glassmorphism, néomorphism, bento grids, et tous ces effets wow qui saturent les portfolios depuis 6 mois et qui seront ringards dans 6 autres.


Le design "tendance" vieillit comme du lait au soleil.


Ce n'est pas une question de goût. C'est une question de durée de vie. Ces effets spectaculaires, ces animations over-the-top, ces interfaces surchargées de fioritures... ils ont une demi-vie de 6 mois maximum. Après, ils deviennent embarrassants.


Pourquoi ? Parce qu'ils appartiennent à une mode, pas à une logique fonctionnelle. Ils existent pour impressionner d'autres designers, pas pour servir des utilisateurs.


Prenons un exemple concret : un site web surchargé d'animations parallax, de transitions complexes, de micro-interactions à chaque pixel. Sur Dribbble, ça fait 10k likes. Dans la vraie vie ? Ça ralentit le chargement, ça distrait l'utilisateur, ça cache l'information importante, et au final... ça tue votre taux de conversion.

Comparez ça à un site comme Stripe. Linear. Notion (avant qu'ils ne se mettent à faire n'importe quoi). Une clarté brutale. Presque ennuyeuse à première vue. Et pourtant, c'est ce qui performe.

Parce que ces produits ont compris ce que Rams prêchait il y a 60 ans : le bon design doit être pertinent dans 3 ans, pas juste aujourd'hui.

Votre job en tant que designer (ou décideur) n'est pas de suivre les tendances. C'est de les ignorer au profit de l'évidence de l'usage. Demandez-vous toujours : "Est-ce que cet élément aide mon utilisateur à accomplir sa tâche ?" Si la réponse est non, poubelle.

Le design durable, c'est celui qui résiste à l'épreuve du temps parce qu'il est ancré dans la fonction, pas dans l'esthétique éphémère. C'est celui qui ne nécessite pas un redesign tous les 18 mois parce que "ça fait vieux".


Vous voulez comprendre comment analyser la concurrence sans tomber dans le piège du mimétisme ? On vous explique la méthode.

Conclusion

Apple a gagné parce qu'ils ont compris une vérité que tout le monde ignore : le design n'est pas de l'art. C'est de la résolution de problème durable.

Jony Ive n'était pas un artiste en quête d'expression personnelle. C'était un problème-solveur obsédé par l'évidence. Et quand il a découvert le travail de Dieter Rams, il n'a pas cherché à faire "à la manière de". Il a appliqué les mêmes principes fonctionnalistes à l'ère digitale.


Le résultat ? Des produits qui traversent les décennies sans prendre une ride.

Votre takeaway aujourd'hui : arrêtez de vouloir réinventer la roue. Arrêtez de courir après la tendance du moment. Arrêtez de designer pour impressionner vos pairs.

Cherchez l'évidence de l'usage. Épurez jusqu'à l'os. Construisez pour durer. Le bon design, c'est celui qu'on ne remarque pas parce qu'il fait exactement ce qu'on attend de lui, parfaitement, sans friction.

C'est ça, la leçon de Braun et Apple. Et c'est exactement ce que trop peu de produits appliquent aujourd'hui.

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